Délibérations 1916

  • 1916 : le temps de la guerre.

Une activité un peu plus soutenue pour le C.M. avec quatre réunions cette année-là et 25 délibérations. Toujours très peu de dimension anecdotique dans celles-ci contrairement aux années précédant les hostilités. L’entretien des bâtiments, des chemins, ou les projets nécessitant des investissements sont quasiment absents.
Cinq conseillers présents à toutes les sessions ont signé les registres pour 1916. Deux absents au moins sont mobilisés.
Les actions obligatoires telles que les aides ponctuelles proposées par le Bureau de Bienfaisance, le vote des différents budgets et la désignation de listes de répartiteurs et classificateurs constituent le gros du menu.
Une formule évocatrice mais un peu énigmatique est employée : « vu les circonstances actuelles » pour justifier l’emploi du crédit additionnel dans le paiement des factures du chauffage des écoles.
Le mot « guerre » n’apparaît que deux fois en toutes lettres, dont une pour obtenir une certaine clémence de la part du Préfet, l’adjudication n’ayant pu être organisée pour le chauffage.

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Les archives municipales de Nouzilly sont entreposées aux Archives départementales, à Chambray. Elles sont accessibles à tous.

Pour consulter, il suffit de s’inscrire gratuitement et de respecter quelques précautions d’emploi lors des lectures. Une table spécifique est mise à disposition pour fixer l’appareil photo apporté par le lecteur. Les registres de Nouzilly ne sont pour l’instant pas numérisés et mis en ligne.

Thierry Croguennec

Délibérations 1915

Le rythme des réunions du Conseil Municipal est toujours très bas : une en avril, une plus copieuse en novembre et une en décembre.A titre de comparaison, 52 délibérations avaient été prises en 1913, 19 en 1914 et 10 seulement en 1915.
Les thèmes abordés révèlent les difficultés de l’époque : on répond aux sollicitations du Procureur de la République (dépôt des convalescents militaires à Villedômer, proche de la Boisnière), aux sollicitations du Préfet (Régularisation des frais engendrés par l’étude du chemin de fer) aux obligations légales (désignations de candidats pour être répartiteurs et classificateurs) aux obligations d’assistance au niveau local. On ne parle plus de l’école, de l’entretien de l’église, de la volonté de voir notre commune desservie par le chemin de fer ou dotée de l’éclairage public.
On note aussi que le Conseil Municipal est lui-même touché par le conflit. Deux de ses membres ainsi que le secrétaire de mairie sont mobilisés. Si pour le secrétaire, M. Rocher, il n’est pas possible d’affirmer qu’il en est revenu car cette personne pouvait être habitante d’une autre commune, pour les conseillers MM. Fagu et Filliau, on note que leurs noms n’apparaissent pas aux Monuments aux Morts de notre commune.
Pour rappel, c’est à M. Filliau que l’on doit la gratuité des fournitures scolaires, délibération n°338 de 1913, votée à l’unanimité. Voir Noisette annuelle de 2013.
Les archives municipales de Nouzilly sont entreposées aux Archives départementales, à Chambray. Elles sont accessibles à tous.
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  • Séance du 25 avril 1915

L’an mil neuf cent quinze, le 25 avril, à 4 h du soir, le Conseil Municipal, dûment convoqué s’est réuni à la mairie sous la présidence de M. Poirier Henri, Maire.
Présents : MM. Poirier, Puissant, Guérault, Peltier, Broissain, Guilguet.
Absents : MM. Cousin, Vieuge, Lallier, – Fagu et Filliau, mobilisés.
Secrétaire : M. Guilguet.

387. Dépôt de convalescents militaires
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M. le Maire propose au Conseil municipal de voter la somme de cent quatre-vingt francs, à prélever sur les fonds libres, dans le but de créer un dépôt de convalescents militaires, au lieu-dit : l’Aubinière commune de Villedômer, suivant les instructions données par Monsieur le Procureur de la République le treize avril 1915 à Châteaurenault.
Le Conseil Municipal considérant que cette création était d’une très grande utilité, vote à l’unanimité la somme de cent quatre-vingt francs destinés à cette œuvre de bienfaisance.

  • Session de novembre 1915

L’an mil neuf cent quinze, le quatorze novembre, à une heure du soir, le Conseil Municipal de Nouzilly s’est réuni à la mairie sons la Présidence de M. Poirier Henri, Maire.
Présents : MM. Poirier, Guérault, Puissant, Guilguet, Peltier.
Absents : MM. Cousin, Vieuge, Lallier, – Fagu et Filliau, mobilisés.
Secrétaire : M. Peltier.

388. Assistance médicale. Pain

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M. le Maire donne lecture aux Conseillers Municipaux des listes des indigents devant recevoir l’assistance médicale gratuite en 1916 et les secours en pain à dater du 1er décembre 1915, les dites listes établies par le bureau de bienfaisance.
Le C.M. considérant que les personnes inscrites sont réellement nécessiteuses, en raison de leur âge ou de leur charge de famille, approuve ces listes en entier.

389. Assistance obligatoire – Mme Vve B… 

389

 

 

 

 

M. le Président soumet au C.M. la demande de Mme Vve B…
Le Conseil Municipal, après examen de la situation de fortune de l’intéressée, considérant qu’elle n’a aucun revenu et n’a pour vivre que son salaire journalier,
Vu la décision du bureau de bienfaisance en date de ce jour
Décide l’inscription de Mme Vve B… sur les listes d’assistance aux vieillards à dater du 1er novembre 1915 et fixe à 6 frs l’indemnité mensuelle à lui allouer.

390. Familles nombreuses, M. D…

390

 

 

 

Le Conseil Municipal :
Vu la demande formulée par M. D…, journalier
Vu le dossier des pièces produites par le postulant
Vu son admission par le bureau de bienfaisance
Prononce l’admission à l’assistance aux familles nombreuses de M. D… à dater du 1er décembre 1915.

391. Chemin de fer

391

 

 

 

 

M. le Président donne lecture d’une lettre de M. Le Préfet priant le Conseil Municipal de voter la somme due à M. Olivier comme montant de ses études pour le chemin de fer de Tours à La Chartre.
Le Conseil Municipal :
Vu la délibération en date du 15 août 1910 portant à 150 frs par kilomètre les frais d’études,
Vu que les études ont porté sur une longueur de 8 kil 870 sur le territoire de la commune de Nouzilly,
Vote la somme de 1101,65 frs, montant total de ces frais d’études.

Il y a certainement une raison qui nous échappe, mais la multiplication du prix kilométrique par la distance étudiée par M. Olivier ne donne pas le montant qui a été voté, inférieur de 228,95 frs à ce que donne le calcul.

392. Secrétariat de mairie

392

 

 

 

M. le Maire propose au Conseil Municipal M. Rieux comme secrétaire de mairie en remplacement de M. Rocher, mobilisé.
Le Conseil Municipal, après délibération accepte la proposition et alloue à M. Rieux la somme 490 frs par an à date du 1er octobre 1915, somme allouée précédemment à M. Rocher.

393. Répartiteurs

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M. le Maire informe le C.M. qu’il doit désigner les candidats pour être répartiteurs en 1916.
Liste de 12 personnes dans une catégorie nommée « domiciliés » indiquant un numéro d’ordre, le nom et le prénom, la profession l’âge, et le domicile.
Liste de 8 personnes dans une catégorie nommée « non domiciliés ». Mêmes indications.

394. Classificateurs

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394fin

 

 

 

 

M. le Maire informe le C.M. qu’il doit désigner les candidats pour être classificateurs en 1916.
Liste de 10 personnes indiquant un numéro d’ordre, le nom et le prénom, la profession l’âge, et le domicile.

  • Séance du 13 décembre 1915

L’an mille neuf cent quinze, le treize décembre à 2 heures et demie du soir, le Conseil municipal de Nouzilly s’est réuni à la mairie sous la présidence de M. Poirier Henri, maire.
Présents : MM. Poirier, Guérault, Puissant, Guilguet, Peltier.
Absents : MM. Cousin, Vieuge, Lallier, – Fagu et Filliau, mobilisés.
Secrétaire : M. Peltier.

395. Chemin de fer

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Monsieur le Maire donne lecture d’une lettre de M. le Préfet relative aux frais d’études dus à M. Olivier pour le chemin de fer de Tours à la Chartre.
Dans la dernière session, le conseil municipal avait voté la somme de 1101,55 frs, mais la commune ne disposait que de 480 frs 64.
Pour compléter la somme demandée, le Conseil Municipal après délibération vote à l’unanimité que les 620 frs 90 qui manquent seront pris comme suit :
1°/ Sur l’éclairage des rues qui n’existe pas cette année (art 72 du budget primitif) – 245 francs
2°/ Sur l’entretien des chemins ruraux (art 23 du budget additionnel) 375,90.

396. Garde champêtre

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M. le Maire présente M. Saulay Ernest pour être garde champêtre en remplacement de M. Guichard qui se retire de ses fonctions.
Le Conseil Municipal après délibération admet à l’unanimité M. Saulay comme garde champêtre à partir du 1er janvier 1916.

Merci à Thierry Croguennec

L’étang d’antan

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Parfois on l’appelait « la plage » de Nouzilly… et d’aucuns l’évoquent avec nostalgie.
Ah ! Le grand ponton, les leçons de natation avec la longue perche du maître-nageur, le plongeoir d’où l’on sautait la première fois la peur au ventre.

Et les cabines de déshabillage, surtout la première où étaient entreposées les imposantes « bouées pneus » et les ceintures oranges de natation.

Ou le match de catch sur l’eau, les jeux inter-villages au bord de l’étang avec Rouziers et St Laurent en Gâtines, sans oublier la guinguette où l’on savourait des moules-frites ou sirotait une orangeade (ou autre !) entre deux danses.

Tourniquet et grande balancelle faisaient la joie des marmousets.

Le weekend, il y avait foule et pour se garer à l’étang, il valait mieux arriver tôt. C’était le bon temps de la baignade !

L’étang a été aménagé dans les années 60, à l’initiative du maire, Pierre Sionneau, sur un terrain donné à la commune par Mademoiselle de la Panouse, conseillère municipale. Il était divisé en deux parties : baignade et pêche.

A partir des années 80, la baignade n’a plus été autorisée. Aujourd’hui le sujet de « la plage » de Nouzilly est ensablé… mais que de bons souvenirs !

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Histoire

Nugulae en latin sont de petites bagatelles sans importance, des sornettes sans consistance, des balivernes qui ne signifient rien; Mais en vieux français des noisilles sont des noisettes. Il semble pourtant que Nouzilly vienne d’un autre mot tourangeau que l’on rencontre dans le Petit dictionnaire du Parler de Touraine de Jacques-Marie Rougé : Nosilla; il désigne une variété de châtaigne. Nouzilly serait donc dans sa signification ancienne un nom très proche de La châtaigneraie ou Châtenay ou encore Chastenay.

Mais le nom n’a pas pu apparaître très tôt, c’est à dire très tôt avant le IX ou X siècle! D’autres noms sont plus anciens, même sur le territoire de la commune ou dans les environs.

La paroisse me semble provenir d’un démembrement de celle de Neuvy-le-Roi qui avait son église au temps de Grégoire de Tours à la fin du VI siècle. Il raconte en effet comment des reliques de saint André ont été apportées en 524 de Bourgogne par un tourangeau, sans doute en provenance de Constantinople, à l’intention de l’Eglise de Tours, et comment il avait consacré lui-même à Neuvy une église dédié au saint. Saint André est aussi le patron de l’église de Châteaurenault au nord de la Touraine, ainsi que villedômain en la Gâtine de Montrésor dans la Touraine du Sud.

Lorsque vint le temps de construire une église à Nouzilly au IX siècle, elle reçut probablement des reliques de Neuvy et fut ainsi consacrée saint André.

La surface boisée de Nouzilly est actuellement de 44 %; elle devait être moindre au XVII et XVIII siècle, car il y eut des reboisements au cours du XIX siècle, notamment dans la partie méridionale du finage auprès du Mortier, mais aussi à l’est, du côté de la Harlandière, comme le montre la comparaison avec la carte de Cassini dressée à la fin de l’Ancien Régime. C’est donc l’une des plus boisée d’entre les communes de Touraine, loin derrière Saint-Benoît-la-Forêt (70%); dans la Gâtine tourangelle, Nouzilly ne peut rivaliser avec les Essard (55%) ou Ambillou (53,6%), mais la commune ne vient pas très loin derrière celles-ci.

Les temps protohistoriques

Une charte du XIII siècle mentionne des Fossés anciens, les Vetera Fosssata de Nouzilly ; selon toute vraisemblance, elle se réfère à ce qui est connu aujourd’hui sous le nom de Fossés de César, un ensemble bien antérieur à César et qui semble unique en Touraine par son étendue.

Lorsque l’on consulte le plan cadastral, on les voit s’étendre en ligne droite sur des kilomètres ; il y a d’abord ceux qui se dirigent du sud-ouest au nord-ouest de Chamboureau aux Bas-Fossés (un nom caractéristique), en passant par la Guinauderie et la chaussée de l’actuel étang de Charentais (de création récente), mais ils devaient aller plus loin, car ils se prolongent par un chemin rectiligne, presque jusqu’à la Petite Choisille au gué de Longueville. Puis il y a un autre fossé à l’équerre en direction nord-ouest-sud-est qui commence au Carroi de la Croix Blanche et descend en direction du Carroi de la Daumerie.

Le premier tronçon fait 2 kilomètres et un peu plus, le second un peu moins d’un kilomètre. A Cré-sur-le-Loir près de la flèche, il y a ainsi des fossés qui s’étendent sur 3 kilomètres.

il y a donc eu un vaste camp à Nouzilly, qui est peut-être à mettre en relation avec l’extraction du fer, pratiquée très tôt sur le territoire de l’actuelle commune. Par exemple dans le bois de le Tuilerie, où M. Coudrec a retrouvé des zones d’extraction en tranchées et en fosses, et dans les bois de Charentais.

Mais il y a des vestiges plus anciens encore, car ces ferrières ne peuvent remonter au-delà des quelques siècles avant la période historique ; tandis que les Fossés de César que l’on peut voir à Gué-Chapelle sont les fossés d’un éperon barré : un camp préhistorique en triangle d’étendu limitée, là ou se trouve aujourd’hui le château, et comme ces fossés sont doubles, il faut admettre que l’éperon est deux fois barré, par précaution.

Outre cela, l’on trouve un petit menhir, une pierre levée de dimensions modestes entre le Tuffeau et le Hallier, près de la Crois-Saint-André, à un kilomètre et demi à l’est du bourg. On a retrouvé également à Nouzilly un polisseur mobile.

Dans un article sur les Enceintes en terre de Touraine, paru dans le bulletin de la Société archéologique de Touraine en 1984 (tomme 40, p.745-752), Jean-Mary Couderc a présenté les diverses enceintes qu’il a repérées sur le territoire de la commune : Les enceintes de Nouzilly. Il a relevé cinq enceintes d’époques différentes :

L’enceinte de la Petite Boissière, maintenant détruite, à la frontière des finages de Crotelles, de Saint-Laurent-en-Gâtines et Nouzilly : deux fossés perpendiculaires sans talus. Il pensait à une enceinte gauloise, dans une zone de métallurgie. A dire vrai, le Fourneau de Saint-Laurent qui en a gardé le souvenir toponymique semble trop éloigné pour établir une relation (presque deux kilomètres). Ce pourrait être une simple exploitation agricole de l’époque gauloise.

L’enceinte circulaire du Plessis-l’Ormeau : ce serait un fossé de protection médiéval. Il a 75 mètres de diamètre ; la profondeur est d’un mètre cinquante ; il est rempli d’eau presque toute l’année ; l’entrée devait se faire par le nord-ouest, le fossé y est moins profond et il n’y a pas de traces de talus interne.

L’enceinte du bois de Charentais, à deux kilomètres du bourg est certainement liée à la métallurgie, car il y a quelques restes de fourneaux bien conservés qui datent de l’âge de fer, et des amas de scories ; il resterait à l’étudier de plus près.

L’enceinte de Gué-Chapelle que j’ai considérée comme un camp romain, mais qui semble à d’autres plus compétents que moi (J.-G. Sainrat et J.-M. Couderc) un éperon barré. J.-M. Couderc le décrit longuement et note que cette structure est assez rare en Touraine.

Les Fossés de César : ici encore J.-M. Couderc a de longs développements d’un grand intérêt auxquels il faut se contenter de renvoyer. Il retient l’hypothèse d’une enceinte gauloise tardive, servant de défense aux métallurgistes gaulois ou gallo-romains, le mirerai étant abondant près de la ferme de Gué-Chapelle ; mais il reconnait que l’ampleur pose un problème à l’archéologue, car enceinte dit défense éventuelle, et une telle surface requerrait un nombre considérable d’hommes.

En 1846 a paru une brochure de 31 pages de R. Martinet, intitulée : Le quartier des Romains chez les Turons, qui traite du camp de Nouzilly, mis en relation avec les quartiers d’hiver des troupes de César en 57 avant Jésus-Christ, puis en 52 ; l’on sait en effet qu’en 52, en particulier, César envoya deux tribus hiverner chez les Turons sur la frontière des Carnutes : pour l’auteur les fossés de Nouzilly étaient les restes de l’un des vastes camps établis pour la saison. L’hypothèse n’était pas sans intérêt.

Mais Martinet est à retenir surtout pour les traditions qu’il rapporte ; comme il les dit très anciennes, elles remontent au moins à la fin du XVIII siècle :

Une tradition très ancienne, dit-il, semble avoir conservé au bourg de Nouzilly les souvenirs de la splendeur de ce camp qui lui a donné naissance ; cette tradition dit que le bourg de Nouzilly était autrefois une grande ville connue sous le nom de Cité. Il parait que ce village s’était formé près du cimetière des Romains, car on ne peut fouiller la terre au sud du bourg sans trouver des ossements humains.

Il parle aussi des quatre fontaines dont, dit-il, « une tradition populaire a chanté les merveilles… Cette tradition n’a rien d’étonnant, si l’on se rappelle que le culte des aux était commun aux Gaulois et aux Romains »

« On voyait encore il y a cinquante ans, ajoute t-il, et l’on voit peut-être encore, dans la forêt de Nouzilly et à peu près vers le milieu du camp, quelques vestiges d’un vieux chêne connu sous le nom de Chêne-du-Houx, qui paraissait avoir plusieurs siècles d’existence. »

Si ce que dit Martinet est exact, le chêne se serait trouvé plutôt du côté des restes du manoir de Maran qui est en effet situé non loin du centre du camp, mais non dans ce qu’on appelle proprement la forêt de Nouzilly qui est située en dehors, au nord-ouest.

il y a peu de communes en Touraine à présenter un tel ensemble d’ouvrages de terre d’une époque si reculée. il serait urgent de les protéger ou, au moins d’en garder le souvenir par une documentation très poussée.

Qui dit fossé de défense, dit nécessairement défrichements. Il faut admettre qu’une clairière a été créée à une époque très haute eu centre du finage et à l’intérieur de tout le parallélogramme dessiné par les fossés, ainsi que devant ceux-ci. Sans quoi l’existence même des fossés ne se justifierait pas. Nouzilly est donc de plus de dix siècles antérieurs à l’apparition du nom dans les documents écrits.

Il est d’autant plus étrange que l’on n’ait pas encore découvert sur le territoire de la commune des vestiges significatifs de l’époque gallo-romaine. En dehors des scories déjà signalées près des forges et dont la datation est particulièrement imprécise, l’on n’a encore rien trouvé. Des traces d’établissement gallo-romains ont été repérés à Parcay-Meslay, à Notre Dame d’Oë, ainsi qu’à Saint-Laurent-en-Gâtines ; mais rien encore à Nouzilly.

Les premières mises en valeur de l’ancienne clairière et de ses environs ne sont signalées dans les documents écrits qu’au X siècle ; elles sont peut-être bien antérieures, mais nous n’avons pas, pour le moment, le moyen de le savoir.

Parmi les domaines alors signalés se trouvent la ville de Nouzilly avec son église, le domaine de Kersio qui se situe du côté de Baudry, mais comprend peut-être aussi Cérelles qui semble dériver de la même racine, et le Moulinet, au voisinage du finage de Rouziers, dont il semble que la Roche-d’Ambille, autrefois la Roche-aux-Nonnains, ait été distrait au bénéfice de la nouvelle abbaye des moniales de Beaumont-les-Tours, fondée au début du XI siècle par le trésorier Hervé.

Particulièrement intéressant à cause de son nom est le domaine de Néret, qui se trouve en dehors de la commune au sud de celle-ci et proche de Baudry. Le nom vient d’une divinité gauloise des eaux ; on le retrouve dans Néris. Peut-être est-ce un domaine très ancien, le plus ancien des tous ceux que l’on découvre dans cette partie de la gâtine. Il est assez remarquable aussi que l’emplacement de l’ancienne clairière délimitée par les anciens Fossés de César semble occupée par des alleux d’origine laïque, issu des établissements ecclésiastiques. Nouzilly avec son église est qualifiée d’alleu lorsqu’il est donné à l’abbaye Saint-Julien de tours au Xe siècle.

 

Le village

  • Une petite histoire…

Recueil périodique de décisions administratives et judiciaires à l’usage des maires, des officiers municipaux, des juges de paix, et des habitants de la campagne, par plusieurs jurisconsultes.
Article 11, Ban de vendanges – enclos communs.
Un enclos commun à différents propriétaires dont les parts sont distinctes, est soumis au ban de vendange, encore qu’il soit entouré de haies ou fossés.
Le 19 septembre 1826, le Maire de Nouzilly (David Bernardeau) prit un arrêté portant : « Art. 1er. L’ouverture des vendanges rouges, dans les clos communs, aura lieu le 2 octobre prochain. »
Martinet, Petit et Decouais vendangèrent avant cette époque les clos dits la Halousière et le Bourdigal ; il en fut dressé procès-verbal par le garde champêtre. Traduits devant le tribunal de police, ils se défendirent en disant que les clos susdits ne pouvaient être réputés communs, puisque, d’une part, ils sont entourés de haies vives ; que, de l’autre, ils en étaient copropriétaires, comme cohéritiers ; qu’ainsi ils avaient le droit de disposer à leur gré de ces deux enclos. […]
Le 18 août 1827, la Cour royale de cassation a cassé et annulé dans l’intérêt de la loi, le jugement du tribunal de police.

Merci à Jacques Moreau

 

Les belles demeures